Nihil est Omnia. Somme poétique de plus de deux mille pages mise en forme par Théasar du Jin et ses amis, après la mort poussiéreuse du Maître vers 625 av. J.-C. Le Rien n'y est pas souvent clairement identifié (le caillou, la promenade sans géométrie, la grande chaloupe, l'angle parfait du géomètre, le miel, l'ours méthodique, la véranda sous la pluie, notre petit fromage de chèvre, la ligne droite, la fraise pellucide) mais la belle homogénéité des poèmes est remarquable.
Le Nihil constitue le véritable plat de résistance. Tout se rapporte à lui, qu'il s'agisse de mathématique, de cuisine aux herbes, d'hygiène domestique, de construction navale, ou d'exploration du cosmos. Comme une obsession chez Stylus Gragerfis. Le souci d'évidence a tout à voir avec ce qu'il ressent chaque jour sur ses terres, au milieu de ses disciples. Gragerfis loue la vertu suprême des actes honnêtes quand par cela l'on est animé par la sagesse et la sobriété, et non corrompu par le luxe et la quête des honneurs. La beauté du monde est dans notre capacité à rester à notre place, et n'être rien.
Nihil est Omnia n’énonce pas une métaphysique concurrente des écoles ioniennes ou pythagoriciennes. Elle n’est pas un traité dogmatique mais opère un déplacement plus radical : l'œuvre retire au monde sa prétention à la saturation. Gragerfis ne combat pas les cosmologies naissantes. Il les laisse se déployer. La primarité du Rien ne consiste pas à nier les formes. Elle consiste à ne pas s’y soumettre.
Dans sa Bibliographie non argumentée du Nihilisme triomphant, Sir Edmond Galop indique que l'œuvre posthume a probablement été rassemblée vers 620 av. J.-C., soit seulement cinq ans après la disparition du maître. Τὸ μηδὲν ἐστι τὸ πᾶν était le titre original mais ses promoteurs voulaient que la somme gragerfissienne irrigue le monde latin en expansion, et ce malgré la rusticité de cette langue archaïque.
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Ce texte s’inscrit dans la tradition du Magnus Nihil
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