Les Manifestes pour un nouveau nihilisme (La Canée, 1938)

La Canée n’était pas un choix neutre. C’est dans cette cité crétoise que, vers 615 av. J.-C., se tint le premier colloque rienesque attesté, sous la présidence du viticulteur Zarti. Théasar du Jin y donna lecture des poèmes de Gragerfis, unissant philosophes, marins, stylistes et muses dans une même ivresse lucide. On y parla du Rien comme d’une possibilité morale. On y proclama qu’une autre conception de la vie était possible.

Plus de deux millénaires plus tard, en 1938, le mouvement revient à La Canée. Non pour célébrer. Pour décider.

Le mouvement rienesque s’est assagi jusqu’à l’immobilité. Il vit sur l’autorité du Nihil est Omnia. Il répète, il cite, il conserve.

Kinga Sabot rompt l’équilibre : Devons-nous nous enraciner dans le tronc ou nous élever au-delà de la canopée ?

Les débats sont houleux. Les écoles anciennes invoquent la fidélité. Les branches périphériques redoutent la réforme. Les archives pèsent.

Marcel Jutique, après trois journées de discussions et trois nocturnes fiévreuses, accepte la création d’un comité de refondation, le cercle céruléen, formé autour de Kinga Sabot, Meredith Arbre Rond et Félix Beauplace, qui rédige les Manifestes pour un nouveau nihilisme. Les jeunes cadres n’abandonnent pas Gragerfis. Ils refusent de le fossiliser. Le cercle céruléen n’a pas fondé une rupture. Il a empêché une sclérose. La Canée demeure le lieu où le Rien s’est souvenu de lui-même. 

En 1938, le nihilisme n’y change pas de nature, il change de posture. Les Manifestes affirment : que le Rien n’est pas une retraite, qu’il n’est pas un pur refus, qu’il est une exigence active, une morale d’exemple, une respiration civilisationnelle.

Extrait des Manifestes pour un nouveau nihilisme (La Canée, 1938)

« Le Rien n’est ni refuge ni désespoir.
Il est mesure.

Nous ne l’opposons pas au monde :
nous l’opposons à l’excès.

Là où le Grand Tout s’enfle et se proclame,
le Rien maintient la justesse.

Nul système n’est requis.
Nulle idolâtrie.

Que chacun agisse en homme de bien,
et le monde sera déjà déplacé. »

Les Manifestes pour un nouveau nihilisme sont intégralement conservés aux Archives centrales du Mouvement rienesque (section La Canée), déposées en 1962 au Centre d’Études Préprésocratiques d’Étel.




















 

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Magnus Nihil

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