Dès la sortie de son retentissant La Suave Idée du Rien, Marcel Jutique avait pu acquérir une onéreuse Panhard & Levassor 6DS X66 20CV puis, en 1934, une non moins onéreuse aéro-montgolfière gonflée à l'hélium avec les droits d'auteur pour La mer et les horizons zingibéracés, élégie du large et de ses parfums chauds. Et il ne vivait pas au dessus de ses moyens, loin de là. Le Rien, c'est la Panhard s'extasiait Gorj Trevasy, et comme lui Edward Taxo, Meredith Arbre Rond, Arthur Chiss, Hélène Racassis et Peter Jitudi, entre autres, furent des habitués de l'usine Panhard.
Le dandy-mécène de la cause rienesque, Albert Yermus, qui lors d'escapades du côté de Penmar'ch emportait moult paniers de rillons croustillants à bord pourtant d'une Packard 745 d'un noir intense aux reflets bleutés d'une perle tahitienne, partait bosser chaque jour que le Grand Rien fit dans une Panhard 6CS X68 Yeran.
Parue en 1930, l'étude d'Annette Lachemule, Les grandes expéditions, 1895-1927. L'âge d'or du nihilisme de Panhard, a recensé cette richesse extravagante dans la faune des écrivains rienesques à succès à l'occasion d'une vaste enquête relatant les expéditions automobiles aux quatre coins du monde. Elle publiera également en août 1935 dans La Gazette des modes défrisantes un article consacré à ces expéditions rocambolesques : Faire de sa Panhard un lit douillet. Une monographie des couchettes au clair de lune.
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Ce texte s’inscrit dans la tradition du Magnus Nihil
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