La Bibliographie non argumentée du Nihilisme Triomphant de Sir Galop

Établie par Sir Edmond Galop (1911-1980), la Bibliographie non argumentée du Nihilisme Triomphant recense plus de huit cents ouvrages consacrés au nihilisme gragerfissien et au mouvement rienesque. L’ouvrage, devenu rare, constitue aujourd’hui la principale source secondaire sur la tradition du Magnus Nihil. Il a fait l'objet d'une première publication en 1960 aux Presses Libres du Père-Lachaise à Paris. J'en suis fier, c'est mon bébé tout rose, aux pieds tendres, et il est de toute beauté s'était-il écrié lors d'un cocktail de présentation dans les locaux de son éditeur. J'étais un chasseur d'épaves, un fouineur de labyrinthes, un fouisseur d'espaces oubliés tel un lagomorphe dans un carré d'herbes hautes avoue-t-il dans ses mémoires publiés en 1975, Mes promenades fouissantes dans la plénitude du vide.

Fruit d'une intelligence froide et passionnée, les travaux de Galop se sont inscrits dans une démarche paysagère, largement inspirée des travaux de l’architecte Riant Fridemon qui nous avait éblouis avec son Architecture et décoration d'intérieur chez les armateurs nihilistes de la Grèce antique (1818) et le non moins insolite Déambulations à Rapa Nui, à la recherche du moaï aux angles obtus (1830).

La méthode conduit à ne garder que les ouvrages qui font sens ensemble, qui s'articulent au sein d'un seul et même écosystème, comme les fleurs et les abeilles dans un jardin méticuleux ou les mille feuillus émus de la canopée dans une forêt cachée. Il n'est donc pas de primarité dans ma bibliographie, hors le Magnus Nihil, livre ouvert, sans calligraphie, sans pages, sans texte, sans fioritures, mais à la poésie tellement bien écrite (in Mes promenades fouissantes dans la plénitude du vide).

Ainsi, la bibliographie galopienne n'est pas un simple catalogue de références inusitées à usage administratif mais, bien plus, un ensemble térébrant de textes tous reliés les uns aux autres, solidaires et unis comme les grains mythiques du Magnus Nihil. Elle est sous-tendue par une logique pure qui nous sort de la brouillasse des aubes minuscules et nous invite au merveilleux. Oui, ce qui importe vraiment, c'est la composition suprêmement puissante qui naît de l'arrangement de toutes ces trouvailles. La surprenante beauté de ce bouquet phrastique est dans la somme monumentale d'idiomes imagés et de concepti inférés. (ibidem)

Alors que l'écrivain gallois prétendait détenir un exemplaire original de chacun des ouvrages retrouvés ou découverts, je sais que certains mandarins l'ont accusé d'orgueil adipeux, peut-être même de fatuité bourgeoise. Pire, de nombreuses voix se sont élevées pour anéantir son travail, une fumisterie intellectuelle dont le but perfide est de salir l'Université, d’abîmer la vérité académique, et plus encore de vouloir mettre à bas le Grand Tout, notre Grand Tout. Gardons-nous de répondre à ces stupides grandtoutistes et à leur Université, ce temple aux périèques, dont nous n'avons que faire.

Sous la direction de Pervenche Gique, cette rare bibliographie non argumentée a été revue et corrigée en 1998 puis en 2026, à la suite d'Huguette Bile qui avait assuré cette tâche avec brio après la mort de Galop en 1980. Les ajouts ne s'arrêteront jamais.

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Ce texte s’inscrit dans la tradition du Magnus Nihil

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