Dédié au maître antique, Stylus Gragerfis, et à sa compagne, Kismet de Phocée, L'Encensoir Kilométrique du Rien illustre à quel point la littérature est une cuisine de chefs, au son des tambours, et n'a rien à voir avec les gredins sans imagination qui ne font que repasser les plats.
Dans cet ouvrage apaisé (1954), qui se savoure comme un bon thé vert, Marcel Jutique revient avec brio sur les épisodes les plus marquants de sa vie de boutiquier du Rien. Il s'inscrit ici aussi dans la droite ligne du nihilisme primitif pratiqué par l'ineffable homme des cavernes qui, on le rappellera, aimait courir, bouger, et animer son moi au milieu de steppes géantes. Peut-on rejoindre les rives du Rien en ne rien faisant ou doit-on propulser sa personne dans un fluide mouvement vers la chose aimée ? Autrement dit, faut-il aller au Rien ou vient-il à nous ?
Cette dilection pour l'idiome imagé, le plaisir singulier et extraordinaire pour sa petite musique, ce mot cothurne là, mieux cette cavurne! sembla un instant devoir absorber toutes mes rêveries noires alors que je finissais mon café en terrasse dans le port du Rosmeur.
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Ce texte s’inscrit dans la tradition du Magnus Nihil
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